Canicule: en Bretagne, branle-bas de combat pour rafraîchir les truies

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Alors que le mercure frôle les 35 degrés, Lydia s’inquiète pour sa soixantaine de truies qui s’apprêtent à mettre bas: l’éleveuse bretonne a activé un goutte-à-goutte sur leur nuque et dévié l’irrigation de ses champs pour arroser le toit de la porcherie.

« C’est complètement inédit, on est en Bretagne quoi ! », s’exclame l’éleveuse qui, avec son mari Philippe, élève quelque 3.200 porcs à Kerfourn (Morbihan).

L’eau, qui normalement irrigue ses cultures de blé, colza et maïs, est aspergée non stop sur le toit en plein cagnard. Même si elle s’évapore presque immédiatement, l’éleveuse espère faire baisser la température d’un ou deux degrés à l’intérieur.

« La chaleur n’est jamais bonne pour les cochons parce qu’ils ne transpirent pas. Donc leur température corporelle monte comme une cocotte minute, ils ventilent et ils peuvent en mourir », explique Lydia, 50 ans, qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

Mais le risque est double aujourd’hui pour ses 65 truies qui doivent mettre bas entre dimanche et mercredi « car elles pourraient avoir leurs petits plus tôt que prévu », jamais souhaitable, selon l’éleveuse qui s’occupe au total de 350 truies.

Elle parcourt les couloirs de la maternité : toutes allongées, certaines ventilent déjà « mais difficile de savoir si c’est le travail qui commence ou si c’est la chaleur », affirme l’éleveuse.

Lydia a les yeux rivés sur le thermomètre. « Il faut pas que ça monte trop vite sinon je sais pas comment on va faire ! ».

A la mi-journée la température frôle déjà les 30 degrés: elle décide d’activer le système de goutte-à-goutte. « Chaque heure, 2 litres d’eau gouttent délicatement sur la nuque », explique Lydia en caressant sa truie.

16 litres par jour

Cette éleveuse conventionnelle est également vigilante sur la consommation d’eau de ses truies pour qu’elles puissent produire assez de lait.

Normalement je leur donne 16 litres d’eau par jour, là j’aimerais qu’elles en boivent au moins 25″ et ça n’est pas toujours facile donc Lydia s’adapte.

« Je dois les stimuler ! Si elles ne veulent pas boire, je leur donne de l’eau plus fraîche, et le bruit de l’eau qui coule leur donne parfois plus envie de s’abreuver », s’amuse-t-elle.

Elle avait déjà connu un épisode de chaleur similaire il y a deux ans.

« Ce qui pose problème c’est que les températures baissent de moins en moins la nuit donc je n’arrive pas à faire baisser la température du bâtiment » assure Lydia qui, malgré la chaleur et sa combinaison complète, garde le sourire.

« 37 degrés sont attendus en fin de journée c’est ça ? ». Lydia s’essuie le front avec la main. « On sera sur le pont tout le week-end ».

 

 

 

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