LE CARGO TK BREMEN ÉCHOUÉ EN 2011 À ERDEVEN: LE PROCÈS S'OUVRE À BREST

mercredi 3 octobre 2018

Le procès dans l'affaire du TK Bremen, ce cargo maltais qui s'était échoué fin 2011 sur une plage bretonne, s'est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel de Brest en présence du commandant turc du navire, seul mis en cause.

Ce dernier, Rifat Tahmaz, 55 ans, comparait pour "pollution des eaux territoriales par faute caractérisée ou violation manifestement délibérée d'obligation de sécurité ou de prudence".

Battant pavillon maltais, le TK Bremen s'était échoué le 16 décembre 2011 sur la plage d'Erdeven, dans le Morbihan, suscitant une importante couverture médiatique. Le vraquier de 109 m de long avait quitté le port de Lorient alors que la tempête Joachim était déjà annoncée.

Le capitaine avait alors décidé de mouiller à l'abri de l'île de Groix avant de s'échouer sur la plage de Kerminihy, dans une réserve naturelle à l'embouchure de la ria d'Etel, sans faire de victime et en créant une pollution relativement restreinte. Trop endommagé pour être réparé, le navire avait été démantelé en janvier sur le lieu du naufrage.

En avril 2012, le BEA Mer avait conclu que l'échouement du cargo résultait du mauvais temps, ainsi que d'une mauvaise gestion du mouillage par son commandant.

Parmi les nombreuses parties civiles dans ce procès, les associations France nature environnement, Bretagne vivante, le syndicat mixte de protection du littoral breton Vigipol ou encore Robin des Bois, qui a décidé "symboliquement" de ne pas assister au procès prévu pour durer deux ou trois jours.

"Ce sera encore un procès pour rien", a expliqué à l'AFP Jacky Bonnemains, à la tête de Robin des Bois, regrettant que seul le commandant ait été mis en cause.

"La capitainerie de Lorient a laissé partir ce navire qui manifestement était en mauvais état et alors que les prévisions météo étaient très mauvaises", a-t-il exposé, estimant que la capitainerie avait une "responsabilité partagée et importante" dans l'échouage du navire.

"L'armateur a mis les clés sous la porte donc tout retombe exclusivement sur les épaules du commandant et cela ne nous satisfait pas", a-t-il ajouté.